vendredi 5 juillet 2013

Thécla

Thecla de l'orme
   
  Les théclas sont de petits papillons, rattachés au groupe des lycaenidae. A part le thécla de la ronce, ils sont relativement peu fréquents dans le département. C'est donc une chance d'en accueillir deux représentants sur notre parcelle : le thécla de l'orme ( Satyrium w-album ) et le thécla du prunellier ( Satyrium pruni ). Tous deux sont étiquetés rares et déterminants dans la Vienne. 
     Leur chenille est spécifique à la plante hôte, sans surprise l'orme et le prunellier, mais les adultes apprécient de butiner les fleurs de ronces.

Thecla du prunellier

lundi 24 juin 2013

L'apodère du noisetier

   
  Quelle drôle de bestiole! L'apodère du noisetier ( Apoderus coryli ) a une allure très particulière. Il est classé dans la famille des coléoptères charançons, mais sa silhouette lui vaut s'être rangé dans une sous-famille dont il n'y a que deux représentants en Europe. C'est un "cigarier". Entendez par là qu'il aime à confectionner un nid douillet pour sa progéniture avec une feuille qu'il enroule sur elle même. Il n'est pas rare de le croiser dans notre pays, parfois sur les aulnes, ou bouleaux, mais le plus souvent sur le noisetier.

dimanche 23 juin 2013

Coccinelles

     Les coccinelles sont parmi les plus populaires de nos insectes : du cahier de dessin des enfants jusque dans le coeur des jardiniers. Les premiers l'apprécient pour leurs couleurs, les seconds pour ses qualités aphidiphages. Entendez par la mangeur de pucerons, et ceux aussi bien à l'état de larves qu'une fois adultes.
 

  L'intérêt pour la famille connait actuellement un regain que l'on doit à la publication récente de l'atlas des coléoptères de la Manche, qui fournit une clé d'identification valable pour tout l'ouest de la France. C'est grâce à ce genre d'outils clairs et de qualité que des inventaires régionaux peuvent être réalisés. C'est malheureusement une situation assez rare et l'entomologie de terrain est souvent handicapée par le manque de documentation. Il reste beaucoup de choses à découvrir, même en France, tant au niveau de la biologie que de l'évolution des populations. On décrit d'ailleurs régulièrement de nouvelles espèces d'insectes sur notre territoire.

Coccinelle à sept points



Ici la reine des coccinellidae : c'est à ça que l'on pense quand on dit coccinelle, la très classique coccinelle à 7 points ( Coccinella 7-punctata ).


Coccinelle à damier







La coccinelle à damier ou coccinelle à 14 points ( Propylea 14-punctata ) est aussi très répandue. De taille plus modeste, elle parcours souvent les arbres, arbustes et herbacées.


Coccinelle asiatique

La coccinelle asiatique ( Harmonia axyridis ) est aussi fréquente, bien qu'elle ne soit pas de chez nous. L'espèce a été introduite dans les années 80 pour lutter contre les pucerons. Elle s'est bien plue dans nos vieilles contrées et elle est considérée comme nuisant à nos espèces indigènes. Comme d'autres, cette dame arbore des robes sujettes à variations, en voici deux.


Coccinelle asiatique














Coccinelle de la bryone







Enfin, la coccinelle de la bryone ( Henosepilachna argus ), nous en avons déjà parlé, c'est la petite végétarienne du lot. Elle ne ferait pas de mal à un puceron.





Coccinelle de la bryone

Et de 100! La biodiversité dans un carré de jardin

     Nous avons maintenant commencé notre inventaire à la maison il y a un mois, sur notre petit terrain. Et voilà : déjà cent espèces recensées (cf page "inventaire à la maison"). 

     Les rencontres ont été nombreuses... et l'occasion de progresser au niveau naturaliste en général (entomologie, botanique) et au niveau photo. Certaines restent un peu mystérieuses, faute de temps ou de documents ou même de capture (nous n'avons encore trucidé aucune bestiole, donc pas de microscope ou dissection des organes génitaux, étape quelquefois indispensable pour arriver à mettre un nom sur une guêpe par exemple). La mention "sp" fait dans ce cas réference à la famille, à laquelle il a été possible de rattacher la bestiole.

    Le terrain en question est en friche depuis quelques années. Nous avons rétabli des espaces de pelouse, des zones de végétation spontanées, avec des corridors, une zone de tampon de lisière forestière, souvent riche, un milieu humide, des essences locales. Bref, les bonnes décisions permettent de favoriser le maintien, voire l'installation d'un ecosytème riche. Nous ne pouvons pas mesurer l'intèrêt d'un milieu naturel équilibré, la science a ses limites... Dans l'attente de réponses futures, il nous apparait sage de limiter notre impact, de travailler avec des matériaux naturels, sans bannir la nature telle qu'elle se présente à nos pieds.

Voici quelques illustrations de rencontres, la biodiversité et son utilité à l'homme seront rediscutées, savourons sa richesse de forme en attendant.
Capricorne de Scopoli



Otite

Pisaure?

Carte géographique

La Phrygane n'est pas un papillon, c'est le porte bois du fond de nos rivières
Phymatode variable
Hemipterus valgus


Oedemère?
Lacon souris

Mouche sp

Araignée

jeudi 20 juin 2013

Le liseron ne restera pas impuni

liseron des champs
     Les nuits blanches de tous les jardiniers sont hantées de pucerons, de limace et... de liseron. C'est lui qui nous intéresse aujourd'hui. De son petit nom Convolvulus arvensis, le liseron des champs est souvent le plus rapide à recoloniser une terre fraichement retournée. La rage de l'ouvrier de cette terre bien "propre" et qui a déjà fini de l'être n'a d'égal que la ténacité et la vigueur de son ennemi. 
     Pas de remède miracle dans cette chronique d'une reconquête annoncée. A moins d'être aussi délétère pour le liseron que pour le reste du sol et de ses hôtes à grands coup d'herbicides, ou suffisamment courageux pour le desherbage manuel il est clair que la petite plante risque de ne pas se laisser faire. Et pour ceux qui savent que le combat est déjà perdu, voici une petite revanche.
Funèbre
    
 Car non, le liseron des champs ne restera pas impuni. C'est une plante très commune, comme tout le monde sait. Peu savent que ce prédateur des potagers et massifs a lui aussi ses plaies. A être aussi répandu, il constitue une nourriture idéale pour quelques espèces d'insectes, qui toléreront ses effets purgatifs. C'est le cas de nos deux espèces du jour : un papillon et un coléoptère.

La funèbre, ou noctuelle en deuil ( Tyta luctuosa ), a un nom aussi triste que notre Convolvulus quand il voit poindre la petite chenille, qui adore s'en repaître.




La casside subferrufineuse ( Cassida subferruginea ) a une drôle d'allure. Imaginez un insecte sous le chapeau de sa carapace qui le recouvre complètement, pattes, tête et antennes comprises. Il ne lui reste plus qu'à se plaquer à son déjeuner et à brouter tranquillement.




"Merci les filles!" s'écrie alors le jardinier qui sait que la vengeance est un plat qui se mange froid. 
Casside subferrugineuse

mercredi 5 juin 2013

Platyrrhinus resinosus

   Pas de petit nom vernaculaire pour notre bestiole du jour. Platyrrhinus resinosus fait partie de ces coléoptères xylophages mais lui se fait aider de champignon. C'est grâce son action que ce membre de la famille des anthribidae parviendrait à digérer les parties fibreuses du bois (lignine). La larve se nourrit ainsi de bois mort ou malade de nombreuses essences, chez nous très certainement de frêne. Il porte bien mal son qualificatif de resinosus car les résineux est une des rares familles auxquelles il ne s'attaque absolument pas!

mardi 4 juin 2013

Sphinx de l'épilobe

Et voilà, à être attentif, nous avons trouvé aujourd'hui un papillon intéressant : le Sphinx de l'épilobe Proserpinus proserpina. L'espèce est protégée depuis 1993, même si certains spécialistes présument que ce sont les moeurs crépusculaires qui sont responsables de cette rareté d'observation. Elle a d'ailleurs été citée pour la première fois ces dernières années dans des départements comme la Manche et la Corse. La chenille se nourrit de l'épilobe et de l'oenothère notamment. Le papillon fréquente les frontières entre zones humides et prairies florifères, ce qui correspond à la nature de notre terrain. En revanche, pour le moment, pas de trace chez nous de la plante hôte...

jeudi 23 mai 2013

Coccinelle et chie-mou...

Voilà une des raisons qui font qu'on ne regrette pas notre curiosité :


Nous avons rencontré une coccinelle de belle taille, encore inconnue au bataillon... Dans ces cas là, le Chinery est un livre généraliste sur les insectes permettant de se faire une idée de l'identité de la belle, mais ne permet pas d'identification précise.

En lien avec Vienne Nature, un membre a pu qualifier la bette : ce serait la Coccinelle de la bryone Henosepilachna argus. Les coléoptères étant très nombreux, il faut en général avoir recours à des clés de détermination parfois ardues. Sauf que, non content d'avoir qualifié notre bête, notre correspondant nous a précisé qu'il existe une clé récente pour les coccinelles de la Manche. Ce dernier a même, en fait, relancé l'engouement pour la famille un peu partout en France... C'est très intéressant, car sans ce genre d'outils, il est très difficile d'établir une base de connaissance fiable.

Car oui, en France, les coccinelles, bien que sympathiques et populaires sont presque inconnues dans leur répartition régionale, et beaucoup dans leur biologie. Pas besoin de prendre l'avion pour jouer à Indiana Jones!



L'insecte est remarquable pour une double raison :

- Elle est poilue, c'est rare pour les grosses coccinelles
- Elle est végétarienne. Et ça c'est mine de rien à garder en mémoire. Elle se nourrit de cucurbitacées et peut notamment nuire au melon. Rien à craindre par chez nous car elle se nourrit ici de la seule représentante des cucurbitacées sauvage : la Bryone dioïque Bryona dioica.


Mais je la connait cette plante, c'est mon grand-père qui me l'avait dit l'année dernière : c'est du chie-mou! Le terme n'est pas distingué mais explicite. En faisant des recherche, la bryone est bien toxique pour l'homme et la littérature nous met en garde contre son puissant pouvoir purgatif. Aussi appelée le navet du diable, la plante était déjà connue au moyen âge et était associée à la magie blanche. Elle passe au XIIème siècle pour augmenter la résistance à l'alcool. Sainte Hildegarde nous conseille : "pour se garantir de l'ivresse, boire du jus de bryone avec autant de vinaigre, ainsi, toute la semaine, on ne sera point ivre". Les grecs anciens s'en servaient comme dépilatoire.

En alliant l'entomologie, la botanique, la culture populaire et un brin d'histoire, l'aventure dans un carré de nature peut devenir passionnante... Et hop, deux espèces de plus pour l'inventaire de notre chez-nous. Merci petite coccinelle!


mardi 21 mai 2013

Du genre prudente la chrysotoxe?

      Et nous aussi, nous sommes en général sur la réserve, de peur de se faire piquer par cette bestiole. Et pourtant, la Chrysotoxe prudente Chrysotoxum cautum est une mouche, donc bien inoffensive... A s'y méprendre! Elle fait partie de la famille des syrphes. Dans son jeune âge, elle se nourrit de pucerons des racines, avant à l'état adulte, de jeter son dévolu sur la pollinisation des fleurs. C'est à ce moment qu'elle revêt une belle robe jaune et noire, avertissant habituellement le prédateur qui souhaiterait en croquer. L'usurpation d'identité pousse jusqu'au vol, moins vif que ce dont les autres syrphes sont normalement capables. Pour ne pas se laisser berner, il suffit de noter que l'engin n'a qu'une paire d'ailes (2 pour les guêpes) de grands yeux et des antennes riquiqui.

Chrysotoxum cautum

dimanche 19 mai 2013

Araignée sauteuse







Derrière le terme effrayant d'araignées sauteuses se cache la famille des salticidae, qui sont de petite taille, ne chassent pas à l'affut et ne piègent pas leur proie avec une toile. C'est une des familles les plus exubérantes avec leur grands yeux, leur allure ramassée et beaucoup de représentants européens paraissent avoir emprunté leur livrée à un cousin tropical.

La salticide orangée  Carrhotus xanthogramma  en est un exemple. Photographiée à la maison, on retrouve assez largement du sud de l'Europe jusqu'à la Corée et même au Japon. Le dimorphisme sexuel est si important que le mâle et la femelle ont longtemps été considérés comme des espèces à part. La notre a été observée chassant en zone humide sur des fusains.

Toutes les photos ont été faites le même jour au même endroit, illustrant la variabilité des motifs de la femelle.

Male
Femelle



Hello ! nous revoilà...

Après quelques mois d'absence, et des soucis d'accès à la toile, nous revoilà... Tous frais et avec de nouveaux projets en poche. Nous avons donc entre temps déménagé en campagne et notre nouveau chez nous sera, on pense, l'occasion de découvertes.

Devant la diminution des ressources sauvages et le défaut de suivi de la faune et de la flore, nous avons décidé de débuter un inventaire et état des lieux de notre terrain. Ces prochaines années, nous pourrons y suivre la représentativité des espèces et favoriser le développement de la biodiversité. De taille modeste, 2500 m2, il est représentatif d'un milieu humide du sud vienne. Avec un ruisseau passant à l'extrémité de la parcelle, une frênaie relativement ancienne (certains spécimen dépassant des 60 cm de diamètre), une ancienne zone cultivée il y aurait une vingtaine d'année.

Nous allons essayer de restaurer une zone prairie, nous avons commencé le débroussaillage, nous avons abattu un large buisson de bambous (peut-être y pourrons nous créer une mare?), installé un poulailler et en parallèle dans un coin, nous essaierons de créer un potager avec les méthodes d'agriculture naturelle... Bref plein de projets, à suivre sur le long terme.

Vous pouvez retrouver un inventaire des espèces trouvées sur une page spécifique, les images seront plutôt elles sur la page d'accueil...

Au plaisir de continuer à partager nos réflexions et découvertes, mais aussi d'échanger alors n'hésitez pas à nous laisser des commentaires. A très vite Joss et Lili


mercredi 18 avril 2012

Le pompile

Il n'a l'air de rien mais le pompile est féroce! C'est un hyménoptère proche des guêpes mais dont il se distingue par ses ailes non repliées en deux dans le sens de la longueur. Il est donc lui aussi carnassier. C'est même un chasseur ultra spécialisé : là où les autres insectes y verraient un danger, lui  voit une opportunité... en effet, il chasse des araignées, et uniquement des araignées. Il les pique dans les centres nerveux grâce à son aiguillon, paralysant ainsi sa proie qui reste toutefois vivante. C'est très important puisque ces araignées qu'il emmagasinera dans son nid lui permettront de nourrir sa progéniture avec des aliments qui resteront frais.







Il existe environ 150 espèces en France, difficile d'accès pour la détermination, celle-ci fait partie du genre pompilinae.
Pompilinae

Richesses de Brenne





Le parc naturel régional de la Brenne est un véritable terrain de jeux pour ornithologues, entendez par la les amateurs d'oiseaux. Avec ses étangs, ses prairies et ses forets, il accueille aussi les espèces de plantes, insectes, reptiles et amphibiens qui y sont liées. Voici un très modeste panorama de ce que l'on a pu y trouver, en cette mi avril :



Lézard vert

Mouette rieuse
Fuligule milouin











La mouette rieuse et le fulligule milouin étaient largement représentés.

Cistude d'Europe







La cistude commence en ce mois d'avril à montrer timidement sa carapace. Un peu anesthésiée par le froid, elle s'est laissée approcher.
Héron pourpré
Héron pourpré





Le rare héron pourpré nous a fait l'honneur de se promener juste à côté de l'observatoire... un vrai top model. Dès lors qu'il était immobile, le cou dressé, il devient très dur de le repérer parmis la végétation.







Qui reste fier?




Pour les amateurs d'identification, parmi tous ces timides, on trouve de droite à gauche : une mouette rieuse, un fuligule morillon femelle, un foulque macroule, un fuligule morillon mâle. Au milieu de tout ce beau monde, une nette rousse. C'est une belle observation  car on le croise que très rarement chez nous.

Fond d'un étang asséché
D'autres espèces remarquables nous ont croisé ce jour là, mais il n'a pas été possible d'avoir de photo (pas de téléobjectif, désolé). A signaler ce jour : grèbe huppé, grèbe castagneux, grèbe à cou noir, busard des roseaux, milan noir, canard chipeau. Plus ordinaire : buse variable, pic épeiche, canard colvert, héron cendré, aigrette, grand cormoran... et le cygne tuberculé, plus lourd oiseau d'Europe!

Rien à voir avec le lac des cygnes, le vol des cygnes est plutôt lourd....

Nombre total de pages vues